Depuis le 15 novembre, dans un silence quasi total, la Direction du livre et de la lecture n'existe plus. J'avais plaidé ici, voici quelques mois, pour que le nouveau ministre de la Culture la maintienne. Combat perdu, donc. Dorénavant, le livre est partie intégrante d'une Direction des médias et des industries culturelles. Ainsi seront gérés ensemble TF1 et Actes Sud, Patrick le Lay et Julien Gracq. Les rapprochements, comme les identités nationales : on a ceux qu'on peut. A l'heure où j'écris, le bateau livre du ministère de la Culture prend l'eau. Le CNL n'a toujours pas de président. Et la qualité exceptionnelle des fonctionnaires de l'ex DLL n'y change rien ; je sais trop bien ce que pèsent, dans les discussions budgétaires, ceux qui ne sont pas représentés par une direction de plein exercice. Ce qui est grave, dans cette affaire dont tout le monde se fout, c'est ce qu'elle dit de notre société. Un pays où la culture n'est plus qu'une industrie, l'écrivain, un produit de même rang qu'une émission de télé réalité. Allez, foin de pessimisme. L'an prochain, la Princesse de Clèves gagnera Koh-Lanta.