lundi 19 avril 2010
Traduire, dit-elle.
Par monade - Le Blog - Lien permanent
Mardi, Gisèle Sapiro présentera au public son étude sur les flux de traduction entre Paris et New York,chez nous, au MOTif, à dix heures trente.
Le MOTif a financé, pour partie, cette étude aux résultats étonnants. Et c'est une formidable réponse au fond, à Donald Morrisson et à ses théories fumeuses sur la fin de la culture française. Alors, oui, c'est vrai, vous le saurez mardi, les Américains traduisent très peu de littérature française, en proportion de ce que nous traduisons d'oeuvres américaines. Vraiment très peu. C'est vrai aussi, le français, deuxième langue traduite dans le monde, ne représente que 10% des traductions. Mais les Américains, eux, traduisent encore nos poètes. Les Américains traduisent nos auteurs complexes, notre littérature exigeante, ils traduisent même, horreur Monsieur Morrisson !, nos écrivains du Nouveau Roman ou fils et filles du Nouveau Roman, ceux qu'au nom d'une soi-disant "littérature de la vraie vie", d'une pseudo "littérature-monde", on attaque aujourd'hui. Au fond, si Donald Morrisson devrait vivre aux Etats-Unis, il pourrait y lire de la littérature française contemporaine, celle qui se traduit, aussi, aux Etats-Unis. Ou alors, qu'il vienne mardi. On parlera déclin et influence. Donald Morrisson pourrait utilement y apprendre ce que Gracq savait : la gloire future d'un auteur tient à 15 lecteurs qui mourraient pour lui, pas à 150 000 qui le lisent et l'oublient. A cette aune, la culture française va bien, merci. Elle ne confond pas encore art et économie.
Le MOTif a financé, pour partie, cette étude aux résultats étonnants. Et c'est une formidable réponse au fond, à Donald Morrisson et à ses théories fumeuses sur la fin de la culture française. Alors, oui, c'est vrai, vous le saurez mardi, les Américains traduisent très peu de littérature française, en proportion de ce que nous traduisons d'oeuvres américaines. Vraiment très peu. C'est vrai aussi, le français, deuxième langue traduite dans le monde, ne représente que 10% des traductions. Mais les Américains, eux, traduisent encore nos poètes. Les Américains traduisent nos auteurs complexes, notre littérature exigeante, ils traduisent même, horreur Monsieur Morrisson !, nos écrivains du Nouveau Roman ou fils et filles du Nouveau Roman, ceux qu'au nom d'une soi-disant "littérature de la vraie vie", d'une pseudo "littérature-monde", on attaque aujourd'hui. Au fond, si Donald Morrisson devrait vivre aux Etats-Unis, il pourrait y lire de la littérature française contemporaine, celle qui se traduit, aussi, aux Etats-Unis. Ou alors, qu'il vienne mardi. On parlera déclin et influence. Donald Morrisson pourrait utilement y apprendre ce que Gracq savait : la gloire future d'un auteur tient à 15 lecteurs qui mourraient pour lui, pas à 150 000 qui le lisent et l'oublient. A cette aune, la culture française va bien, merci. Elle ne confond pas encore art et économie.
