L’étude présentée par le MOTif aux Assises de la librairie organisées par la Région Ile-de-France fait un constat, terrifiant : 1 librairie pour 400 habitants à Paris, 1 pour 46 000 en Seine-Saint-Denis. Ce chiffre ne fera pas la « une » du 20 heures. Ce qu’il dit de souffrances, ce qu’il dit d’exclusion, ce qu’il dit d’enfermement n’apparaîtra qu’à quelques-uns.

Il faut rendre hommage à ceux qui, Jean-Marie Ozanne en Seine-Saint-Denis ou Eric Hardin dans les Yvelines ont, voici trente ans, traversé le périphérique. Les thuriféraires de la grande librairie parisienne vous le diront : on ne peut avoir des librairies indépendantes de référence partout. C’est vrai, évidemment. Et, évidemment, ces librairies doivent être aidées. Elles portent une exigence de littérature, des choix, des auteurs qu’elles sont seules à défendre. Mais les autres, les plus petits, ceux qui, en ayant recours à la presse et à la papeterie, maintiennent envers et contre tout, dans les territoires d’Ile-de-France, un accès au livre. Ceux-là, qui les aide ? Le rôle de l’Etat est sans doute de défendre la librairie indépendante de référence. La préoccupation des éditeurs est sans doute d’assurer la pérennité des grandes librairies. Une Région est un aménageur. Son rôle est plus modeste et plus ambitieux : assurer à ses administrés, dans ses territoires, l’accès aux mêmes services, donc aux mêmes chances. L’Ile-de-France a cette volonté pour le livre. Saluons-là.

PS – coup de coeur net de cette semaine pour un vrai libraire en ligne : bibliosurf.com