Je me souviens d’avoir joué avec Atari, deux petites barres et un carré blanc qui se déplaçaient sur l’écran. Tu montais au filet, cela faisait pop pop. Je joue toujours, mais refuse de passer aux jeux en ligne.
Trop vieux pour World of Warcraft. Figé dans l’usage. Au MOTif, le 2 juin, nous recevions Bob Stein, co-directeur de l’Institute for the Future of the Books et Alain Pierrot, consultant en édition numérique, pour une rencontre sur l’avenir du livre. En anglais, j’y suis allé de ma question : peut-on imaginer, sur le modèle des éditeurs de jeux qui continuent de produire des beat them all pour joueurs solitaires, que l’économie du livre papier perdure en parallèle d’une économie numérique ?
La réponse a fusé. No. Deux lettres, un mot pour condamner l’édition traditionnelle. Avec des arguments de poids : si on peut, demain, accéder en lisant à des ressources en ligne (dictionnaires, atlas, encyclopédies, contenus vidéos…), acheter le livre moins cher, voir émerger, du cœur même de l’écriture, de nouvelles formes d’art, quel avenir reste-t-il au papier? Le livre imprimé, selon Bob Stein, survivra comme survit la peinture, forme d’art choisie par l’artiste pour s’exprimer. Le reste, tout le reste, deviendra numérique.
Bob Stein n’est pas le représentant d’une multinationale déterminée à conquérir le marché mondial du livre. Il défend, avec passion, les éditeurs, les libraires, les auteurs. Simplement, dit-il, arrive un virage qu’il va falloir négocier. En France, des éditeurs explorent ces territoires vierges, défrichent, expérimentent. Ils le font seuls, sans aides. On attend que le mouvement qu’ils impulsent soit suivi, accompagné et aidé par les pouvoirs publics.
PS – le coup de cœur web de cette semaine pour un site pionnier : Zazieweb, la communauté des e-lecteurs.
