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Le Motif

 
 
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Prêt de liseuses en bibliothèque

Afin d’évaluer l’intérêt des lecteurs pour le livre numérique, le MOTif a fourni à 7 établissements des Yvelines et du Val d’Oise entre novembre 2010 et avril 2011 23 liseuses contenant une sélection d’oeuvres, aussi bien du domaine public que de la rentrée littéraire. A la fin de l’année, un projet similaire sera lancé dans le département de Seine-Saint-Denis.

 

Présentation de l’expérimentation : nov. 2010 - avr. 2011

 

Comment le numérique bouscule-t-il les pratiques de lecture ? Cette initiative de prêt de liseuses portée par le MOTif et la BDP des Yvelines veut apporter quelques éléments de réponse à cette question. Elle se déroule du 2 novembre au 30 avril 2011 dans six bibliothèques des Yvelines (Freneuse, Maurecourt, Le Perray-en-Yvelines, Méré, Saint-Arnoult-en-Yvelines, Septeuil) et une du Val d’Oise à Méry-sur-Oise. Les établissements situés dans des communes rurales se partagent 23 liseuses Cybook Opus de la marque Bookeen. La librairie en ligne Bibliosurf a été sollicitée par le MOTif pour procéder au téléchargement des fichiers sur les liseuses, former les bibliothécaires et assurer une assistance technique.

23 liseuses et 23 titres ...

Chaque liseuse dispose de 23 titres issus du domaine public et de la rentrée littéraire. La sélection reprend aussi les meilleurs emprunts dans les bibliothèques et intègre des titres uniquement numériques.

Les "usagers-testeurs" sont invités à remplir un questionnaire à l’issue du prêt de 3 semaines. Il porte sur les pratiques de lecture, l’évaluation technique, les intentions d’achat et fera l’objet d’une synthèse.

L’expérimentation de prêt de livres numériques intervient après une initiative similaire avec la médiathèque d’Issy-les-Moulineaux. Elle s’inscrit dans le cadre des préconisations du MOTif pour encourager la diffusion du numérique dans la chaîne du livre.

Un premier bilan

 

Quel est le profil de l’emprunteur-type ? Quelles sont les fonctionnalités les plus appréciées de la liseuse ? Quels usages sont les plus adéquats ? 161 personnes ont répondu au questionnaire du MOTif sur cette expérimentation menée en partenariat avec des bibliothèques rurales des Yvelines et du Val d’Oise.

Sans surprise, l’usager est majoritairement une femme (75%) âgée entre 35 et 44 ans (tranche d’âge la plus représentée) et grande lectrice (plus de 20 livres par an). Les utilisateurs sont pour la plupart des néophytes de la lecture numérique. L’expérimentation a rencontré un véritable enthousiasme, attesté par les listes d’attente mais l’avis général est nuancé. Tous reconnaissent l’utilité de la tablette en vacances et lors des déplacements quotidiens mais restent de fervents partisans du livre papier. Rien ne remplace "le contact physique avec le livre" disent-ils. En tête des reproches adressés à la tablette : la lenteur de l’appareil, l’absence de couleur et d’usage tactile, la visibilité réduite. Malgré tout 60% ont lu un livre entier sur la liseuse empruntée et leur appréciation de l’objet est positive.

Un peu de prospective

80% des usagers pensent qu’ils liront dans quelques années aussi bien sur support papier que numérique selon les circonstances et le type d’ouvrage. 85% sont intéressés par le prêt de ressources numériques. 65% attendent encore des améliorations techniques des appareils avant d’en acquérir.

Côté bibliothécaires

Comme les usagers, ils estiment que la lecture numérique et sur papier sont complémentaires. Plus spécifiquement sur leur métier, ils considèrent que leur pratique professionnelle est amenée à évoluer vers plus de technicité. De nouveaux besoins de formation professionnelle vont émerger. Avec le numérique, la médiation avec les publics sera d’autant plus nécessaire. Certains pensent aussi que le prêt à distance demande une mise en valeur des fonds différente.

L’avis du libraire

Le créateur du site Bibliosurf, Bernard Strainchamps, qui a fourni les fichiers numériques des liseuses et s’est occupé de la formation des bibliothécaires et des aspects de maintenance a aussi été interrogé. Il estime l’expérimentation très positive. Les bibliothécaires l’ont abordée sans a priori mais n’ont pas toujours été en mesure de résoudre des problèmes simples d’utilisation. Autre point négatif, la liseuse est conçue pour un usage personnel. On ne peut la reconfigurer automatiquement après un prêt. "Pour l’instant, c’est plutôt dans l’accessibilité des contenus et le nombre important de titres que l’on peut embarquer sur un appareil que la lecture numérique ouvre des possibles" estime-t-il.

 
 
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