Les traductions dans le monde ont augmenté de 50% en 20 ans (1980-2000 cf. données Index Translationum), ceci n’étant pas synonyme de diversification : l’anglais a renforcé sa position hypercentrale, de 45% à 59 % des livres traduits entre les années 80 et 90. Loin derrière, le français est la 2e langue centrale à 10%, position cependant fragile. L’allemand arrive juste derrière. La part des autres langues est inférieure à 3%.
Dans l’aire francophone, le taux de concentration de la littérature traduite de l’anglais à Paris atteint le record de 83,4% : plus de 8 titres sur 10 paraissent à Paris. Or le nombre d’ouvrages de littérature traduits de l’anglais en français entre 1990 et 2003 avoisine les 45 000 : plus de 37 000 ont donc été publiés à Paris, contre environ 640 traductions littéraires français > anglais parues à New York pendant la même période.
Les traductions de littérature populaire sont rares aux Etats-Unis, quand en France on relève, parmi les best-sellers et dans les genres populaires ou commerciaux (thrillers, romans sentimentaux), une écrasante majorité de traductions de l’anglais, qui l’emportent même sur la production en français. En revanche, les traductions du français aux États-Unis se situent principalement dans la production haut de gamme. Témoin le rôle des éditeurs à but non lucratif, qui incluent les presses universitaires, dans l’importation de la littérature française. L’éditeur le plus traduit aux USA est Gallimard, avec 29% des titres du corpus étudié, et l’éditeur U.S. qui publie le plus de traductions est The University of Nebraska Press, en tête avec 60 titres.