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Le Motif

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Paris - New York - Paris. Les échanges littéraires entre Paris et New York à l’ère de la globalisation (avril 2010)

Les traductions littéraires entre Paris et New York à l’ère de la globalisation. Paris et New York sont deux centres du marché mondial de l’édition. Longtemps, Paris a été la capitale de la "République mondiale des lettres". Depuis les années 1960, New York s’est imposée à son tour. Cette position centrale leur confère un rôle de médiation et un pouvoir de consécration sur le marché de la traduction. Les échanges entre ces deux centres constituent de ce fait un terrain privilégié pour comprendre les transformations de ce marché. Par Gisèle Sapiro du Cnrs - Centre européen de sociologie et de science politique.

Le monde de la traduction dominé par l’anglais

 

Les traductions dans le monde ont augmenté de 50% en 20 ans (1980-2000 cf. données Index Translationum), ceci n’étant pas synonyme de diversification : l’anglais a renforcé sa position hypercentrale, de 45% à 59 % des livres traduits entre les années 80 et 90. Loin derrière, le français est la 2e langue centrale à 10%, position cependant fragile. L’allemand arrive juste derrière. La part des autres langues est inférieure à 3%.

37 000 œuvres littéraires traduites à Paris versus 640 traduites à New York

Dans l’aire francophone, le taux de concentration de la littérature traduite de l’anglais à Paris atteint le record de 83,4% : plus de 8 titres sur 10 paraissent à Paris. Or le nombre d’ouvrages de littérature traduits de l’anglais en français entre 1990 et 2003 avoisine les 45 000 : plus de 37 000 ont donc été publiés à Paris, contre environ 640 traductions littéraires français > anglais parues à New York pendant la même période.

La littérature "commerciale" traduite de l’anglais, le "haut de gamme" traduit du français

Les traductions de littérature populaire sont rares aux Etats-Unis, quand en France on relève, parmi les best-sellers et dans les genres populaires ou commerciaux (thrillers, romans sentimentaux), une écrasante majorité de traductions de l’anglais, qui l’emportent même sur la production en français. En revanche, les traductions du français aux États-Unis se situent principalement dans la production haut de gamme. Témoin le rôle des éditeurs à but non lucratif, qui incluent les presses universitaires, dans l’importation de la littérature française. L’éditeur le plus traduit  aux USA est Gallimard, avec 29% des titres du corpus étudié, et l’éditeur U.S. qui publie le plus de traductions est The University of Nebraska Press, en tête avec 60 titres.