À partir du 31 juillet 2026, les étiquettes de vos crèmes, parfums, gels douche et autres cosmétiques vont changer. En cause : le règlement européen (UE) 2023/1545, qui étend fortement la liste des allergènes que les fabricants doivent mentionner noir sur blanc. L’objectif affiché est simple : mieux informer les personnes sensibles pour leur permettre d’éviter les substances qui déclenchent rougeurs, démangeaisons ou eczéma. Voici ce que cette évolution de l’étiquetage des allergènes cosmétiques change concrètement pour vous.
Plus de 80 substances désormais nommées
Jusqu’ici, la réglementation imposait de signaler une petite liste d’allergènes de parfum. Avec le nouveau texte, cette liste s’allonge pour dépasser 80 substances et extraits naturels. Concrètement, il ne suffira plus d’inscrire le mot « parfum » (ou « fragrance ») dans la composition : chaque allergène concerné devra apparaître sous son nom officiel, y compris lorsqu’il provient d’une huile essentielle naturelle comme la lavande, la rose ou le citron.
Le seuil de déclaration reste inchangé mais s’applique à bien plus de molécules : une substance doit être mentionnée dès qu’elle dépasse 0,001 % dans un produit sans rinçage (crème, parfum, maquillage) et 0,01 % dans un produit à rincer (shampooing, gel douche, savon).
Un calendrier en deux temps
Le changement ne se fera pas du jour au lendemain dans les rayons. La réglementation prévoit une transition :
- Au 31 juillet 2026 : les fabricants et distributeurs ne peuvent plus mettre sur le marché européen de nouveaux produits dont l’étiquette n’est pas conforme.
- Jusqu’au 31 juillet 2028 : les produits déjà commercialisés avant l’échéance peuvent continuer à être écoulés.
Autrement dit, pendant environ deux ans, anciennes et nouvelles étiquettes cohabiteront sur les étagères. Il faudra donc regarder la date et le détail de la liste d’ingrédients (l’INCI) plutôt que se fier à une simple mention « nouvelle formule ».
Pourquoi c’est important pour le consommateur
Cette réforme arrive dans un contexte où les Français scrutent de plus en plus la composition de ce qu’ils achètent. Selon les données de la filière, huit Français sur dix déclarent désormais arbitrer leurs achats de cosmétiques sous la pression du pouvoir d’achat, tandis que les habitudes de consommation se tournent vers des preuves tangibles plutôt que des promesses marketing. Une étiquette plus détaillée devient un véritable outil de choix, en particulier pour les peaux réactives.
Le circuit de distribution en profitera sans doute : pharmacies et parapharmacies, qui réalisent déjà près de 45 % des ventes en valeur, misent largement sur le conseil et la transparence. Pour un rayon beauté ou un achat lié à la santé de la peau, une information plus lisible peut faire la différence.
Ce qu’il faut vérifier avant d’acheter
- Repérez la liste d’ingrédients (INCI) et cherchez les noms précis plutôt que le seul terme « parfum ».
- Si vous êtes sujet aux allergies, notez les substances qui vous posent problème et comparez d’un produit à l’autre.
- Un cosmétique « naturel » ou « bio » n’est pas exempt d’allergènes : les huiles essentielles en contiennent aussi.
- En cas de doute, demandez conseil en pharmacie ou parapharmacie.
Questions fréquentes
Les cosmétiques que j’ai déjà chez moi deviennent-ils interdits ?
Non. Un produit acheté avant l’échéance reste utilisable normalement. La réglementation encadre la mise sur le marché, pas les flacons déjà dans votre salle de bain.
Un produit « sans parfum » est-il concerné ?
Un produit réellement sans parfum contient en principe très peu de ces allergènes. Mais certaines molécules visées peuvent aussi jouer un rôle d’ingrédient : mieux vaut lire la composition complète plutôt que se fier à une seule mention.
Cette règle s’applique-t-elle partout en Europe ?
Oui. Le règlement (UE) 2023/1545 s’applique à l’ensemble du marché de l’Union européenne, ce qui harmonise l’information sur les étiquettes d’un pays à l’autre.