17.4 C
Rennes
vendredi, juin 21, 2024
AccueilArt et CultureLe Royaume de Séraphin de Mélodie Ducoeur publiée par Stéphanie Eischorn en...

Le Royaume de Séraphin de Mélodie Ducoeur publiée par Stéphanie Eischorn en octobre 2022

Date:

Articles en Relation

Le choix d’un jeu en ligne est-il important ?

Les jeux en ligne sont devenus très populaires ces...

La chirurgie esthétique vous convient-elle ?

Le désir de devenir des versions plus jeunes, plus...

Quels sont les meilleurs objets publicitaires à offrir à ses clients ?

Les objets publicitaires sont l’un des moyens de communication...

Mode Homme : Vêtements et Chaussures Tendance du Moment

Les Vêtements Must-Have de la Saison La mode masculine évolue...

En premier lieu, il convient de se poser une question sur un sujet tabou qu’est le suicide chez les jeunes enfants. Ce n’est pas une chose banale, un élément que l’on croit même fictif. Pourtant, il existe bien des cas où les adolescents subissent un harcèlement, qui les conduit à passer à l’acte. Ce n’est pas seulement « un cri de détresse », c’est aussi parfois l’issue de secours pour ces pauvres victimes, qui souhaitent en finir avec une vie douloureuse. Comment aborder ce thème extrêmement déprimant sous un angle ludique et bienveillant ? Mélodie Ducoeur y est parvenue, brillamment. En se glissant dans la peau de son petit héros Dimitri, l’auteure réussit à émouvoir et à alerter sur les dangers et l’importance d’accepter sa différence. Dans un texte magique, voire féérique, ses personnages sont des enfants angéliques. Des ailes ont poussé dans leurs dos, après un tragique accident… Des histoires qui se croisent et se ressemblent, tandis que les séraphins veillent à rendre les adultes heureux ainsi que leurs familles, malgré leurs absences.

Dimitri n’a que dix ans. Atteint d’un sévère trouble de l’attention, ce gamin est hyperactif et n’arrive pas à se concentrer à l’école. Il ne réussit pas non plus à tisser des amitiés durables. Malgré les efforts de sa mère qui souhaite mieux éduquer les autres sur ce handicap, le garçon ne parvient pas à trouver sa place. Même s’il aime jouer aux jeux-vidéos comme Minecraft ou bien les sciences qui le passionnent, ce petit être en peine émeut d’emblée. Le lecteur est donc bouleversé d’apprendre que l’intrigue débutera après son suicide. En effet, Dimitri s’est jeté dans le vide et n’a pas survécu. C’est là qu’il accède au fameux monde de Séraphin, un univers apaisant, bienveillant, idyllique.

Peu après son arrivée, Dimitri rencontre le bébé Titouan, Tifanie, Timéo, Lucas et Sophie. Il est pris en charge par des adultes également, dont des mamies qui leur font des câlins. Pendant les « confessions », les petits peuvent exprimer leurs émotions. Lorsqu’on accède à cet Au-Delà, des pouvoirs sont attribués aux nouveaux membres. Ils peuvent notamment créer des phénomènes météorologiques ou faire des cadeaux à leurs proches, qui sont encore en vie et doivent faire leur deuil. Avec leurs ailes, ces anges se voient confier des tâches très importantes. Par exemple, Timéo peut insuffler la vie, en touchant le ventre de sa maman. Tout l’enjeu du royaume de Séraphin est bien de contrôler et apporter la vie sur Terre, tout en récoltant quelques âmes pour le faire fonctionner. Les plus jeunes sont amenés à rencontrer des adolescents, comme le trisomique Justin, qui s’est fait percuter par une voiture. D’autres personnages dont Boris, le papa de Lucas font leur apparition. Celui-ci a oublié son enfant dans la voiture, ce qui l’a tué. Fou de chagrin, il s’est donné la mort pour rejoindre son bébé. Il se liera d’amitié avec une jeune maman, appelée Murielle.

Dans l’atelier des rêves, les séraphins peuvent « insuffler » des songes agréables à leurs proches. Pour cela, ils doivent contenir la poudre dans une fiole et les amener à leur famille, lorsqu’ils sont endormis.

Alors qu’il rend visite à sa mère, Dimitri constate qu’elle a réussi à tenir bon, malgré la douleur suscitée par la tragédie. Celle-ci s’est lancée dans la sensibilisation des jeunes, pour lutter contre le rejet de la différence et le harcèlement. En effet, c’est bien la pression extérieure qui est coupable de ce passage à l’acte désespéré. Dimitri ne méritait pas de mourir : les enfants s’accordent sur ce point. Petit à petit, ils communiquent avec la mère, qui réussit à se montrer très pédagogue. Ainsi, elle voudrait avoir un impact positif dans la vie de ces petits, qui vont grandir et donc devenir les adultes de demain.

A la page 137, on peut retenir cette citation percutante, qui pousse à réfléchir : « Quand vous êtes témoin d’une injustice, ne fermez pas les yeux en vous disant que ce n’est pas votre problème. » Aujourd’hui, plus que jamais, le harcèlement est un fléau à anéantir. Pour cela, il faut modifier et bousculer les mentalités. Avec l’arrivée d’internet, les trolls pullulent. Sur Twitter, par exemple, les bourdes et les frasques sont nombreuses. Les gens se sentent surpuissants derrière un écran d’ordinateur, mais le web n’oublie jamais. Les insultes peuvent briser des vies et pousser au suicide, c’est pourquoi le cyberharcèlement est aussi un point abordé par Mélodie Ducoeur. Elle utilise l’exemple du personnage d’Élisa, qui a été trahie par son amie Alexia. Cette dernière a diffusé une photo d’elle en lingerie. Peu après, la jeune fille humiliée se fait passer à tabac et décède.

Malgré la brutalité de certaines scènes et les morts des enfants, jamais le texte ne semble lourd. Avec une plume légère et très simple, l’auteure parvient à diffuser des images agréables et douces. Ainsi, celles et ceux qui ont perdu un proche en bas âge trouveront cette histoire fantastique magique, leur apportant du baume au cœur. Dans un système gouverné par la violence, il est urgent de se dire « je t’aime » et de s’accepter. Malheureusement, il semblerait que l’empathie soit à ce jour considérée comme un signe de faiblesse. Il est grand temps de modifier les mentalités, et Mélodie Ducoeur a donc décidé de le faire sous la forme d’un livre, qui se décline en plusieurs formats. Une petite pépite qui se déguste rapidement, au fil de plus de trois-cents pages, qui n’ont rien d’indigeste.

S'inscrire

- Obtenez un accès complet au site

- Ne manquez jamais une actualité

- Naviguez gratuitement toute la journée

Articles en avant

Sponsors