Face à l’afflux record de visiteurs, le surtourisme en France s’impose comme l’un des grands défis de la saison estivale. Avec 102 millions de visiteurs internationaux accueillis en 2025 — un record mondial — mais 80 % de cette fréquentation concentrée sur seulement 20 % du territoire, plusieurs sites et villes ont décidé d’agir concrètement en 2026 pour préserver à la fois les écosystèmes et la qualité de l’expérience touristique.
Des quotas de visiteurs sur les sites les plus fragiles
Symbole de cette régulation, le parc national de Port-Cros reconduit pour le troisième été consécutif sa jauge de 6 000 visiteurs par jour sur l’île de Porquerolles, jusqu’au 31 août. Avant la mise en place de ce plafond, l’île avait pourtant connu des pics à 12 000 touristes en une seule journée, contre une moyenne de 8 500 ces dernières années. Une charte a également été signée avec les compagnies de navettes maritimes afin de limiter le nombre de passagers transportés vers l’archipel.
Objectif affiché par le parc : préserver l’écosystème marin et terrestre, mais aussi garantir une expérience de visite de qualité — le taux de satisfaction des visiteurs chutait sous 50 % au-delà du seuil désormais fixé.
Un nouveau classement pointe les villes les plus saturées
Au-delà des espaces naturels protégés, un indicateur de surtourisme publié en 2026 attribue la note maximale (« E ») à une quinzaine de villes françaises. Nice figure parmi les plus exposées, avec des pics dépassant 200 000 visiteurs par jour en pleine saison estivale et jusqu’à 11,9 % de logements transformés en locations touristiques dans certains quartiers du centre-ville.
- 102 millions de visiteurs internationaux en France en 2025 (record mondial)
- 80 % de la fréquentation concentrée sur 20 % du territoire
- 6 000 visiteurs/jour maximum à Porquerolles jusqu’au 31 août 2026
- 15 villes classées au niveau de surtourisme le plus élevé
La loi Le Meur encadre aussi les locations touristiques
Autre levier activé cette année : la loi Le Meur sur les meublés de tourisme. Depuis le 20 mai 2026, tout propriétaire proposant un logement à la location touristique (résidence principale ou secondaire, classée ou non) doit obligatoirement s’enregistrer sur un téléservice national avant toute mise en location, y compris via des plateformes comme Airbnb, Booking ou Abritel. À défaut de déclaration, les annonces doivent être retirées et le propriétaire s’expose à une amende pouvant atteindre 10 000 euros, portée à 20 000 euros en cas de fausse déclaration. Les communes peuvent en outre réduire, par simple délibération, la durée maximale de location d’une résidence principale de 120 à 90 jours par an.
Ces nouvelles règles s’inscrivent dans une logique plus large de gestion des flux touristiques, qui touche aussi bien les grands services locaux des communes concernées que les habitudes de consommation des voyageurs eux-mêmes.
Ce que cela change pour les voyageurs
Concrètement, mieux vaut anticiper : réserver en amont son accès aux sites soumis à quota, privilégier les périodes creuses ou les destinations moins concentrées, et vérifier la conformité des locations avant de réserver. Quelques astuces simples permettent d’éviter les mauvaises surprises tout en contribuant à préserver des sites naturels remarquables comme Porquerolles, dont l’équilibre environnemental reste fragile.
Questions fréquentes
Pourquoi Porquerolles limite-t-elle le nombre de visiteurs ?
Le parc national de Port-Cros a constaté qu’au-delà de 6 000 visiteurs par jour, le taux de satisfaction des touristes chutait sous 50 % et la pression sur l’écosystème devenait trop forte, d’où l’instauration d’une jauge stricte reconduite pour la troisième année consécutive.
Qui est concerné par la loi Le Meur en 2026 ?
Tous les propriétaires qui mettent un logement en location touristique, qu’il s’agisse d’une résidence principale ou secondaire, classée ou non, doivent s’enregistrer sur le téléservice national mis en place depuis le 20 mai 2026, sous peine d’amende.
Quelles villes françaises sont les plus touchées par le surtourisme ?
Une quinzaine de villes ont reçu la note maximale de surtourisme en 2026, Nice figurant parmi les plus exposées avec des pics de fréquentation dépassant 200 000 visiteurs par jour en été.