Il ne signe pas un roman à la rentrée littéraire, mais onze, chez onze éditeurs différents, sous un seul et même pseudonyme. Le tour de force revient à Antoine Volodine, prix Médicis 2014 pour Terminus radieux, qui referme sous le nom d'emprunt « Infernus Iohannes » la construction romanesque qu’il bâtit depuis les années 1980. Un geste éditorial rare, au milieu des quelque 461 romans qui composent la rentrée littéraire de cet automne.
Onze livres, onze maisons, un seul auteur
Entre le 24 et le 28 août, onze ouvrages signés « Infernus Iohannes » sont parus simultanément chez onze maisons d’édition distinctes, des plus installées (Seuil, Actes Sud, Robert Laffont, Minuit) aux plus confidentielles (La Volte, Verdier). Réunis sous le nom de projet « Retour au goudron », ces textes ne forment pas une simple série : Antoine Volodine a fait varier les formes d’une maison à l’autre, alternant nouvelles, contes, dialogues ou récits accompagnés de photographies. Chaque éditeur a ainsi reçu un objet littéraire pensé pour son catalogue, tout en participant, sans le formuler autrement, à une même œuvre éclatée.
Le choix du pseudonyme n’a rien d’anecdotique chez cet écrivain, habitué depuis quarante ans à multiplier les hétéronymes au sein de ce qu’il appelle le post-exotisme, un univers romanesque autonome peuplé de narrateurs emprisonnés, de voix multiples et de mondes en ruine. Selon les informations recoupées par la presse spécialisée, « Retour au goudron » constituerait le quarante-neuvième et dernier opus de cette architecture, ce qui donne à la manœuvre des onze éditeurs des allures de geste de clôture.
Une rentrée sans locomotive, mais dense
Cette performance s’inscrit dans une rentrée littéraire particulièrement fournie : environ 461 romans doivent paraître entre la mi-août et la mi-octobre, les premiers titres ayant commencé à apparaître en librairie dès le 19 août. Contrairement à l’édition précédente, largement dominée par trois noms (Emmanuel Carrère, Laurent Mauvignier, Nathacha Appanah), cette rentrée s’annonce plus ouverte, sans figure tutélaire unique qui capte l’attention des jurys et des libraires.
Les observateurs du secteur relèvent plusieurs thèmes récurrents dans les nouveautés : les conflits récents, les déplacements de population, les silences de famille, les violences faites aux femmes, les héritages coloniaux et les préoccupations écologiques. Autant de sujets qui traversent, chacun à sa manière, une bonne partie des 461 romans annoncés, sans qu’aucun ne s’impose comme le livre-événement consensuel des années précédentes.
Amateurs de romans à découvrir, retrouvez d’ailleurs sur Lemotif.fr notre chronique de « Viens ! » de Serge Marignan, un roman aux multiples facettes, qui illustre elle aussi la richesse des voix qui composent le paysage éditorial français.
Le goût du livre résiste, la rentrée culturelle bouge aussi
Ce foisonnement éditorial trouve un écho dans les habitudes de lecture des Français. D’après le baromètre 2026 du Syndicat national de l’édition, 79 % des personnes âgées de 15 à 80 ans déclarent avoir lu au moins un livre en 2025, contre 74 % deux ans plus tôt. La progression est portée notamment par les « petits lecteurs », ceux qui lisent moins de cinq ouvrages par an, un public que la diversité de la rentrée pourrait justement aider à fidéliser.
Le mois d’août aura d’ailleurs été mouvementé pour plusieurs figures des médias et de la scène musicale, à l’image de la nouvelle organisation des antennes de France Inter avec l’arrivée de Maïtena Biraben sur le créneau de mi-journée de Nagui, ou du départ annoncé de Julie Santamans du groupe Les Trois Cafés Gourmands. Autant de mouvements qui, comme la performance d’Antoine Volodine, rappellent qu’une rentrée culturelle se joue rarement sur un seul terrain.
Dans ce paysage, l’initiative d’Antoine Volodine tranche par son ambition presque conceptuelle : transformer la logique de rentrée littéraire, faite de calendriers serrés et de comparaisons entre maisons rivales, en un jeu de piste littéraire disséminé chez onze éditeurs concurrents. Une manière, aussi, de rappeler qu’au-delà des chiffres et des sorties annoncées dès l’automne, la littérature continue de se réinventer par des formes inattendues.
Questions fréquentes
Qui se cache derrière le pseudonyme « Infernus Iohannes » ?
Il s’agit d’Antoine Volodine, écrivain lauréat du prix Médicis 2014 pour Terminus radieux et créateur du courant littéraire qu’il nomme le post-exotisme.
Combien de romans paraissent lors de cette rentrée littéraire ?
Environ 461 romans sont attendus en librairie entre la mi-août et la mi-octobre, les premiers titres étant disponibles dès le 19 août.
Pourquoi cette rentrée littéraire est-elle qualifiée de plus « ouverte » ?
Parce qu’elle ne compte pas, comme l’édition précédente, un trio d’auteurs dominant nettement l’attention médiatique et critique, laissant davantage de place à des voix diverses.
Cette actualité littéraire vient enrichir la rubrique People de Lemotif.fr, où se croisent parcours d’auteurs et parcours d’artistes, aux côtés des autres publications à suivre en Art et Culture.
Sources
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale