Depuis le 1er janvier, vos shampoings, gels douche et démaquillants ne peuvent plus contenir de microplastiques ajoutés. Mais ce que beaucoup de consommateurs ignorent, c’est que cette interdiction est française et nettement plus rapide que la future règle européenne sur les mêmes produits. Décryptage d’un calendrier à deux vitesses qui change déjà ce que vous trouvez dans vos rayons.
Ce qui est interdit en France depuis le 1er janvier
La loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (AGEC) impose un calendrier progressif depuis 2018, année où les cosmétiques exfoliants et gommages contenant des microbilles plastiques ont été les premiers visés. Depuis le 1er janvier, l’interdiction s’étend à tous les autres cosmétiques rincés : shampoings, produits de coloration capillaire, gels douche et démaquillants ne peuvent plus contenir de microplastiques ajoutés à une concentration égale ou supérieure à 0,01 %, selon les précisions du ministère de la Transition écologique. Les particules naturelles non modifiées chimiquement, elles, restent autorisées.
Pourquoi la France devance l’Union européenne
Le règlement européen qui encadre les microplastiques dans les cosmétiques à l’échelle du continent suit un calendrier bien plus tardif : les autres produits rincés ne seront concernés par la règle commune qu’à partir d’octobre 2027, les produits non rincés (crèmes, sérums, fonds de teint) en 2029, et le maquillage, les rouges à lèvres et les vernis à ongles seulement en 2035. La France a donc choisi d’anticiper de plusieurs années la contrainte qui s’appliquera un jour à l’ensemble du marché européen, créant pour l’instant un cadre à deux vitesses selon le pays où le produit est fabriqué ou vendu.
Un impact réel, mais encore partiel
Dans les faits, l’effet de cette anticipation française reste limité : les grandes marques internationales avaient déjà reformulé une partie de leurs gammes pour le marché américain, où une interdiction comparable existe depuis 2015, afin d’éviter de gérer des chaînes de production différentes selon les zones de vente. Trois stratégies de contournement sont toutefois documentées par les associations de consommateurs : le remplacement par des polymères liquides non couverts par le texte, le recours à des dérogations pour certains usages professionnels, et la circulation de produits importés via des places de marché en ligne échappant aux contrôles habituels. À l’échelle européenne, les microplastiques issus des seuls cosmétiques représentent environ 4 200 tonnes rejetées chaque année pour les produits rincés, et 12 700 tonnes pour les non rincés, qui resteront légaux plusieurs années encore.
Cette divergence de calendrier s’ajoute à d’autres évolutions réglementaires qui redessinent le secteur, comme le nouvel étiquetage des allergènes parfumants devenu obligatoire cette année ou l’interdiction des PFAS dans les produits de beauté, deux mesures qui touchent les mêmes familles de produits. Pour les industriels, cet empilement de règles françaises et européennes pose aussi une question de compétitivité face aux fabricants extra-européens, moins contraints par ces délais.
Comment repérer un microplastique sur une étiquette
- Vérifiez la liste INCI (ingrédients) sur l'emballage : les polymères synthétiques se reconnaissent souvent à des noms comme « polyethylene », « polypropylene », « acrylates copolymer » ou « nylon ».
- Un produit à rincer (shampoing, gel douche, démaquillant) acheté en France doit désormais en être exempt, sauf dérogation technique spécifique.
- Un produit à laisser poser (crème, sérum, fond de teint) peut encore légalement en contenir, la règle ne s’appliquant pas à cette catégorie avant plusieurs années au niveau européen.
Questions fréquentes
Tous les cosmétiques sont-ils concernés par l’interdiction française ?
Non, seuls les produits rincés sont visés depuis le 1er janvier : shampoings, gels douche, produits de coloration et démaquillants. Les crèmes, sérums et maquillages ne sont pas encore soumis à cette règle.
Pourquoi l’Union européenne n’applique-t-elle pas la même règle que la France ?
L’UE a choisi un calendrier harmonisé mais plus progressif pour laisser le temps aux industriels de reformuler leurs gammes à l’échelle du marché unique, avec des échéances allant de 2027 à 2035 selon les catégories de produits.
Comment savoir si un produit contient encore des microplastiques ?
Il faut consulter la liste des ingrédients (INCI) sur l'emballage et repérer les noms de polymères synthétiques, les particules naturelles non modifiées n’étant pas concernées par l’interdiction.
Sources
- Ministère de la Transition écologique – Lutte contre la pollution plastique
- UFCC – Produits cosmétiques : l’interdiction des microplastiques
- Recy.net – Microplastiques cosmétiques : bilan un an après l’interdiction
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale