Fini les emballages ornés d’une feuille verte ou d’un « éco-responsable » sans preuve à l’appui : à partir du 27 septembre 2026, les marques de cosmétiques doivent se plier à une directive européenne inédite contre le greenwashing. Ce texte, applicable directement dans tous les pays de l’Union, vise en priorité un secteur où les mentions « clean », « bio » ou « neutre en carbone » se sont multipliées ces dernières années sur les crèmes, shampoings et maquillages vendus en rayon beauté.
La directive « EmpCo » (Empowering Consumers for the Green Transition), adoptée le 28 février 2024, est entrée en vigueur au niveau national le 27 mars 2026. Sa date d’application effective — celle qui compte pour les contrôles et les sanctions — est fixée au 27 septembre 2026. Un délai de dix-huit mois que les fabricants de cosmétiques ont mis à profit pour revoir leurs étiquettes, mais que tous n’ont pas anticipé de la même façon.
Ce que la directive interdit concrètement
Le texte européen s’attaque à toutes les formes de communication environnementale : mots, pictogrammes, labels et noms de produits. Trois pratiques sont désormais dans le viseur des autorités :
- Les allégations génériques et non prouvées comme « respectueux de l’environnement » ou « vert », si aucune preuve vérifiable ne les accompagne ;
- Les labels privés auto-décernés, qui devront désormais reposer sur un système de certification indépendant reconnu ;
- La compensation carbone utilisée seule pour justifier une prétendue « neutralité carbone » d’un produit ou d’un packaging.
Pour la consommation de produits de beauté, l’enjeu est direct : selon la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), une part significative des messages « verts » observés sur des emballages cosmétiques ne pouvait, jusqu’ici, être étayée par des données précises et accessibles au public.
Un texte qui s’ajoute à une année déjà chargée pour le secteur
Pour les industriels de la beauté, cette directive vient clore une séquence réglementaire particulièrement dense. Le secteur avait déjà dû composer avec l’interdiction des PFAS dans les produits de beauté entrée en vigueur en janvier, puis avec l’élargissement de la liste des allergènes à déclarer sur les étiquettes fin juillet. Des fédérations professionnelles avaient déjà alerté sur le poids cumulé de ces obligations pour la compétitivité du secteur face à des marchés moins contraignants.
Concrètement, une marque qui vantait jusqu’ici un flacon « éco-conçu » sans autre précision devra soit retirer la mention, soit la justifier par des données mesurables (pourcentage de matière recyclée, analyse de cycle de vie, certification tierce). Les autorités de contrôle pourront désormais sanctionner ces pratiques commerciales trompeuses au même titre qu’une fausse promesse sur l’efficacité d’un soin.
Ce que cela change pour les consommateurs
Pour le grand public, l’effet ne sera pas immédiat sur les rayons : les marques disposent d’un temps d’adaptation avant les premiers contrôles poussés. Mais à moyen terme, les emballages devraient afficher des mentions environnementales plus rares, plus précises et davantage sourcées. De quoi, en théorie, redonner du crédit aux rares labels qui répondent déjà à des cahiers des charges stricts, et écarter les mentions purement marketing qui brouillaient la lecture des étiquettes.
Questions fréquentes
La directive EmpCo s’applique-t-elle à toutes les marques de cosmétiques vendues en France ?
Oui, elle s’applique à toute entreprise qui commercialise des produits sur le territoire de l’Union européenne, qu’elle y soit établie ou non, dès lors que sa communication vise des consommateurs européens.
Un produit pourra-t-il encore être qualifié de « bio » après le 27 septembre 2026 ?
Oui, à condition que la mention s’appuie sur une certification reconnue et vérifiable, comme les labels bio existants encadrés par un cahier des charges officiel, et non sur une auto-déclaration du fabricant.
Qui contrôle le respect de cette nouvelle règle en France ?
C’est la DGCCRF qui est chargée de contrôler les pratiques commerciales trompeuses, y compris les allégations environnementales infondées, et de sanctionner les entreprises en infraction.
Sources
- economie.gouv.fr — DGCCRF, l’arsenal juridique contre l’écoblanchiment
- Cabinet Gossement Avocats — analyse juridique de la directive 2024/825
- Bureau Veritas — conformité à la directive anti-greenwashing
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale